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Un fichier prêt à imprimer, c’est un PDF en CMJN, à 300 dpi, avec 3 mm de fond perdu, des polices vectorisées et des repères de coupe. Si l’un de ces points manque, l’impression est décalée, floue ou d’une couleur que vous n’avez pas choisie. Voici ce qu’on vérifie avant de lancer.
On reçoit des fichiers toute la semaine. Certains partent en impression dans l’heure, d’autres nous prennent une demi-journée de reprise. La différence tient à sept points, tous vérifiables en deux minutes une fois qu’on sait où regarder.
Cet article est écrit pour ceux qui préparent leurs fichiers eux-mêmes, ou qui les font faire et veulent savoir quoi contrôler avant de nous les envoyer. Si vous nous confiez la création, on s’occupe de tout ça : c’est notre métier depuis 1995.
Un écran affiche de la lumière, une presse dépose de l’encre. Entre les deux, tout change : les couleurs, la finesse des détails, la marge d’erreur mécanique. Un visuel qui paraît net sur un ordinateur peut sortir pixelisé sur un A3, et un bleu électrique à l’écran peut devenir terne sur du papier non couché.
Ajoutez que les massicots coupent avec une tolérance de un à deux millimètres. Sur une carte de visite, un liseré blanc de un millimètre se voit immédiatement. C’est pour cette raison que les fichiers d’impression obéissent à des règles qui n’existent pas pour le web.
On les contrôle toujours dans cet ordre, parce que les premiers conditionnent les suivants.
Votre document doit être au format final, plus 3 mm de débord sur chaque côté. Un A5 se prépare donc en 154 x 216 mm. Ce débord, le fond perdu, sert à absorber la tolérance de coupe : les images et les aplats de couleur doivent le remplir, sinon vous récupérez un filet blanc sur la tranche.
Gardez 5 mm entre le bord de coupe et vos textes ou logos. Ce n’est pas une coquetterie : sur un tirage de plusieurs milliers d’exemplaires, la coupe bouge légèrement d’une pile à l’autre.
300 dpi à la taille réelle d’utilisation pour tout ce qui se lit de près. Une image de 1000 pixels de large convient pour un format de 8 cm, pas pour un A4. Pour le grand format, une bâche ou un panneau qui se regarde à trois mètres, 100 à 150 dpi suffisent largement.
CMJN pour l’impression, pas RVB. Si vous envoyez du RVB, la conversion se fera quand même, mais sans que personne ne contrôle le résultat. C’est la première cause de déception sur les couleurs, et on l’explique en détail dans notre article sur la différence entre CMJN et RVB.
Un noir de texte se compose en 100 % de noir seul. Un grand aplat noir gagne à être enrichi, par exemple 60 de cyan, 40 de magenta, 40 de jaune et 100 de noir, sinon il paraît délavé. Un texte en noir riche sur une petite taille devient flou dès que les plaques bougent d’un cheveu.
Vectorisées, ou incorporées au PDF. Une police non transmise sera remplacée par une autre à l’ouverture, et votre mise en page se décale sans prévenir.
Un PDF, de préférence en norme PDF/X-4 ou PDF/X-1a, avec les repères de coupe. Évitez les fichiers Word ou PowerPoint : ils ne gèrent ni le fond perdu ni les couleurs d’impression.
Ouvrez le PDF dans Acrobat Reader, qui est gratuit, et regardez trois choses. La taille du document dans les propriétés : elle doit dépasser votre format final de 6 mm en largeur et en hauteur. Le zoom à 400 % sur une zone détaillée : si ça devient une bouillie de carrés, la résolution est insuffisante. Et l’affichage des repères de coupe, qui doivent apparaître aux quatre coins.
Pour les couleurs, le contrôle visuel ne suffit pas, votre écran n’est probablement pas calibré. Si le rendu chromatique compte, demandez-nous une épreuve papier avant le tirage. Sur une charte d’entreprise ou un packaging, c’est un réflexe qui évite de refaire une série entière.
Nous ne le renvoyons pas en vous disant de recommencer. Nous vous disons ce qui bloque, nous estimons le temps de reprise, et vous décidez. Dans la plupart des cas, un fond perdu manquant ou une police non vectorisée se corrigent en quelques minutes chez nous.
Ce qu’on ne peut pas rattraper, c’est une image de basse résolution : aucun logiciel ne réinvente des pixels qui n’existent pas. Il faut alors retrouver l’original, refaire la photo, ou changer le format d’utilisation. C’est pour ça qu’on vérifie ce point en premier quand un projet démarre.
72 dpi est la résolution historique des écrans, 300 dpi celle de l’impression de qualité. Une image prise sur un site web est presque toujours en 72 dpi : elle sera nette à l’écran et floue sur le papier, sauf si vous la réduisez fortement.
Word, non : il ne gère ni le fond perdu ni le CMJN. Canva, oui à condition d’exporter en PDF pour impression avec fond perdu et repères de coupe, l’option existe dans les formules payantes. On vérifie le fichier avant de lancer, dans les deux cas.
3 mm couvre la majorité des travaux. Pour certaines reliures, certains grands formats ou des découpes à la forme, nous demandons 5 mm ou plus. Nous vous donnons le gabarit exact avant que vous ne commenciez la mise en page.
Vous validez un bon à tirer avant chaque impression. Une fois signé, il fait foi. C’est pour cette raison qu’on vous signale tout ce qui nous semble douteux avant, plutôt qu’après.
Un fichier à faire vérifier ?
Envoyez-le nous. On vous dit en une heure s'il part tel quel, ce qu'il faut corriger, et combien de temps ça prend. Sans engagement.
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